Dr Rashid Beebeejaun

Dur mais tendre

 

Expressément, il arbore un regard caustique et adopte un ton rébarbatif pour vous bousculer. Coupé net dans votre élan, décontenancé, voire déconcerté, vous bafouillez, vous ne savez plus quoi dire. Vous choisissez alors de vous effacer, de vous recroqueviller. Le Dr Rashid Beebeejaun, mieux vaut l’éviter. Mais voilà que, quelques instants après, avec un mot, il vous requinque. Vous retrouvez votre air émoustillé. Et il accueille vos remarques badines avec un sourire enjôleur.

Le vice-Premier ministre est intraitable quand il s’agit du travail. Pas question d’être approximatif avec lui. Il faut être précis et concis. Comme lui. Sa faculté d’assimilation et son esprit de synthèse sont étonnants. Il n’aime pas les gens qui parlent pour ne rien dire, ni ceux qui ont les idées emmêlées. Si vous êtes verbeux, gare à vous, car il n’a pas de temps à perdre. L’indolence l’irrite, et si vous n’avez pas fait votre travail méticuleusement, vous risquez d’attirer sa foudre. Un jour il a dit: « At times you have to be a dictator ». Ce n’est pas qu’il est un despote. C’est qu’il a compris depuis longtemps que, pour  avoir des résultats probants, il faut être intransigeant et toujours dire leurs quatre vérités aux autres. Parce que, quand vous adoptez la souplesse et que vous êtes compréhensif, les gens abusent de vous.

Quand il faut être impitoyable, le Dr Rashid Beebeejaun l’est. Il prend les sanctions qui s’imposent. Il ne fait jamais de cadeau aux adversaires, particulièrement ceux qui le blessent dans sa dignité. Ne croyez surtout pas qu’il va tolérer, par exemple, un agent qui  fait un écart de conduite. Si celui-ci a agi de manière traîtresse, il va l’exclure d’un trait. Cela prendra du temps pour regagner la confiance de ce politicien qui a une aversion indicible pour les gens à double visage. Beebeejaun, c’est être franc et tranchant. Pour réussir, il faut une discipline de fer, être d’une ponctualité millimétrée et fonctionner selon des principes.

Ça, c’était le côté pile. Voyons maintenant le côté face. Le Dr Beebeejaun est, en vérité, un grand sentimental. Il a une âme sensible. Le moindre signe de misère l’émeut. Quand il est seul avec un pauvre, il l’écoute religieusement, lui parle avec douceur, et l’aide généreusement. Très peu d’entre nous ont palpé son altruisme. C’est un homme qui dépense sans compter, parce qu’il veut contribuer au bonheur d’autrui. La pauvreté qui sévit dans sa circonscription le préoccupe, tout comme ses mandants qui sont au chômage. Il se décarcasse pour leur trouver des emplois, mais hélas! tout n’est pas aussi facile qu’on l’aurait souhaité en ce monde. Le pédiatre porte toujours une attention particulière à ses agents. Il se fait du souci pour eux. Quand leurs intérêts ou droits sont lésés, il n’hésite pas à faire entendre sa voix paternelle à qui de droit.

Le Dr Rashid Beebeejaun, tout le monde le sait, a financé grassement le MMM, son ancien parti. La politique n’est pas, pour lui, un moyen pour se faire de l’argent. Il a toujours dit qu’il y est entré pour servir et non se servir. Il favorise tout ce qui mène à l’unité de la population et à la paix. Il veut le bien-être de toutes les communautés. Il rejette toutes  formes de discrimination.

Quand il  évoque ce temps où l’âge d’or était l’âge où l’or ne régnait pas ;  cette époque où, à Rivière du Rempart, tout le monde vivait en communion absolue ; les difficultés qu’avaient connues ses parents et grands-parents ; quand tous ces souvenirs dévalent

comme un fleuve dans son cœur, le Dr Rashid Beebeejaun peut difficilement retenir ses larmes. Quand il pense à son parcours  de là où il fut et jusqu’où il est arrivé, il est tout attendri. Son parcours c’est aussi son épouse, Khatijan, cette charmante personne qui lui a offert le bonheur. C’est son ombre d’amour …

En tant qu’époux, père et grand-père, Dr Rashid Beebeejaun est un homme merveilleux. Quand ses petits-enfants l’entourent, il se devient tendre, doux, affectueux, mielleux …  Qui a dit qu’il est autoritaire ?